Intelligence et mécanisme

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Définir une chose

L'intelligence consiste à dire ce qu'est une chose à partir d'un discours ou d'une observation (dont il serait intéressant de savoir si cela peut être autre chose qu'un discours).

Nous nous éloignerons ici de la notion d'"Essence" si souvent utilisée en philosophie continentale.

Pour dire ce qu'est une chose, c'est-à-dire pour la nommer, je dois m'appuyer sur une identité de mécanisme.

Par exemple, si je demande: "Qu'est-ce que le prix d'une chose?", je peux me baser sur des discours économiques, et en déduire que le prix n'est pas la valeur, mais est une information.
Ici, ce qui est important, c'est que la phase éventuelle de justification de mon jugement, sera permise par la mise en relation d'une identité de mécanisme entre le comportement d'un prix et le comportement d'une information.

Expérience discursive

On peut déduire de cette idée ce que devrait être une observation utile, un discours utile. L'important pour un discours est donc de parvenir à faire ressortir des mécanismes, des comportements de certaines notions, de certains termes. Il s'agit de montrer que l'on peut soumettre cette notion à des torsions, à des étirements, à des manipulations précises en obtenant tels ou tels résultats.


Ce que les mathématiques modernes ont produits, ce sont des comportements, des mécanismes non-classiques. Toute une série de comportement est apparue dans la logique, tout comme dans la chimie et la physique, où l'on fait subir à des corps comme à des notions, des mouvements radicalement étrangers à ce qu'il était jusque là possible de faire.

On attend désormais d'un discours de pensée:

  1. de produire ce type des mécanismes de ce genre
  2. d'en exploiter les résultats

Il ne fait aucun doute que l'on fait là subir un certain déplacement à la notion de discours, puisqu'on l'éloigne de l'objectif de vérité. Mais on gagne au moins une chose puisque l'absurde, en tant que résultat d'une expérience sur une notion, réintègre le giron de l'analyse, tout comme la destruction fait partie des expériences sur les objets physiques.

Par ailleurs, on reste parfaitement en adéquation avec les tentatives de la pensées contemporaine, aussi bien continentale qu'anglo-saxonne, où l'enjeu est exactement celui de l'expérience de langage, même si cette notion d'expérience n'a pas du tout la même valeur dans les deux cas.

Les règles de l'expérience

Si la philosophie peut se rapprocher d'une science, cela ne peut être que d'une science du langage entendue comme science de l'application des comportements du discours. Ici, bien sûr, la rhétorique peut fournir une base pratique, puisque de nombreux phénomènes et mécanismes sont fournis. Mais il faut que cette approche soit totalement scindée de la vision pragmatique,pöétique, voire politique de la rhétorique.


Le second volet d'une telle science, à la fois sur le versant de la logique et de l'intelligence, est bien sûr le volet artificiel, informatique, dont on perçoit sans peine la limite actuelle: on veut faire faire à l'ordinateur des choses automatiques en se basant sur les phénomènes les moins géniaux, les productions les moins intelligentes de l'homme. Or, l'intelligence artificielle doit se fondée sur des manipulations du discours qui ne sont pas tautologiques, mais au contraires, productrices de sens. C'est donc à l'élaboration de règles qui ne suivent pas le sens humain qu'il faut s'atteler, à une élaboration de discours qui dépassent l'homme, ou qui se fixent sur le meilleur de l'homme.

Ici donc, peut-on critiquer le fait qu'un test de pensée puisse se fonder sur le corpus des dépèches Reuters.

Evidemment qu'un traitement doit être appliqué à des textes aussi complexes que l'Alice au pays des merveilles, ou que les Séminaires de Lacan, pour en faire ressortir le travail qui s'y exerce. Ce travail de mise en situation complexe de notions et de termes est cela même qui doit permettre de fournir des règles de création de situations mécaniques sur les notions.

Le but de l'intelligence artificielle aujourd'hui, est de parvenir à abstraire de discours, les éléments de mécanismes. Il s'agit réellement de produire les algorithmes d'analyse terminologiques permettant de recréer l'analyse à partir d'un discours, c'est à dire de faire émerger des définitions au sens d'identités de mécanismes.





Date:Feb/16/2006

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