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Brigitte Fontaine Le musée des horreurs
Brigitte Fontaine The museum of horrors


  La musée des horreurs Des peurs Gît au coeur de mon coeur Malheur   Sous la gaze dorée De fèe La bataille fait rage Carnage   La musée des horreurs Est un palais maudit Où s'accouplent la fleur Carnivore et la truie   Des glaciers cramoisis Fumants Glissent au fond des puits Géants   Les vampires puants Bandant Offrent leur vit sanglant Au vent   Le musée des horreurs Est un palais maudit Où s'accouplent la fleur Carnivore et la truie   Des cercueils déterrés Beants Ont les paroies grifff'ées Dedans   De grosses cendrillons Joufflues Eventrent des bouffons Bossus   Le musée des horreurs Est un palais maudit Où s'accouplent la fleur Carnivore et la truie   Des roquets décharnés Bavants Ecorchent des bébés Vivants   Des démons ravissants Sans bruit Enculent des mourants Je crie     Paroles : Brigitte Fontaine Musique : Areski Belkacem 1997 - Allo Music - Catalogue << Palaces >>  

Jacques Higelin Champagne
Jacques Higelin Champain


La nuit promet d'être belle Car voici qu'au fond du ciel Apparaît la lune rousse. Saisi d'une sainte frousse, Tout le commun des mortels Croit voir le diable à ses trousses.   Valets volages et vulgaires, ouvrez mon sarcophage Et vous, pages pervers, courrez au cimetière. Prévenez de ma part mes amis nécrophages Que ce soir, nous sommes attendus dans les marécages.   Voici mon message : Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires Près de la mare aux oubliettes, tenue du suaire obligatoire.   Lutins, lucioles, feux-follets, elfes, faunes et farfadets Effraient mes grands carnassiers. Une muse un peu dodue me dit d'un air entendu : " Vous auriez pu vous raser. " Comme je lui fais remarquer deux-trois pendus attablés Qui sont venus sans cravate, Elle me lance un œil hagard et vomit sans crier gare quelques vipères écarlates.   Vampires éblouis par de lubriques vestales, Égéries insatiables chevauchant des Walkyries, Infernal appétit de frénésie bacchanales Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie, Satyres joufflus, boucs émissaires, gargouilles émues, fières gorgones, Laissez ma couronne aux sorcières et mes chimères à la licorne.   Soudain les arbres frissonnent Car Lucifer en personne Fait une courte apparition, L'air tellement accablé Qu'on lui donnerait volontiers Le Bon Dieu sans confession, S'il ne laissait, malicieux, Courir le bout de sa queue Devant ses yeux maléfiques Et ne se dressait d'un bond Dans un concert de jurons, Disant d'un ton pathétique Que les damnés obscènes Cyniques et corrompus Fassent griefs de leur peines À ceux qu'ils ont élus, Car devant tant de problèmes Et de malentendus Les dieux et les diables En sont venus à douter d'eux-mêmes (Dédain suprême).   Mais, déjà, le ciel blanchit. Esprits, je vous remercie De m'avoir si bien reçu. Cocher, lugubre et bossu, déposez-moi au manoir Et lâchez ce crucifix Décrochez-moi ces gousses d'ail Qui déshonorent mon portail Et me chercher sans retard, l'ami qui soigne et guérit la folie qui m'accompagne Et jamais ne m'a trahi : Champagne...

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