Quiz: comment créer des questions « PERTINENTES »!

Formations déroutantes

La plupart des formations aux quiz (livres, mooc, en ligne ou en présentiel) contiennent souvent deux volets:

  • la TECHNIQUE : on apprend à se servir d’un outil
  • la CONFORMITÉ : on apprend des règles de construction d’une question
    • « ne pas mettre de négations dans la question »
    • « faire des choix qui ont la même longueur »

Globalement, c’est comme si une formation pour devenir bon orateur, se résumait à « ne dites pas euh à la fin des phrases ». Ou comme si une recette de confiture se limitait à vous dire que vous devez avoir un pot de entre 8 et 11 cm avec des facettes ou lisse.

Dans ces formations, ces Mooc, ces tutoriaux, il manque souvent la partie la plus importante pour un enseignant : la méthode pour créer des questions PERTINENTES.

Sans cette dimension, on ressort de ces formations avec un certain désarroi: par où commencer?

On a passé deux heures à apprendre ce qu’est une question correcte, alors qu’on aurait voulu savoir comment créer une question utile.

Car en effet, savoir faire un cours ne donne pas nécessairement un talent pour poser des questions pertinentes. C’est encore une autre dimension du métier. Cela se travaille… Et en tant que profs il me faut du temps pour construire et améliorer ma banque de questions. Voici mes pistes d’inspiration

… collectées petit à petit à partir de nombreuses ressources et d’expériences plus ou moins heureuses 😪😎

méthode collecte des idées

Les idées me viennent souvent pendant un cours, ou juste après. C’est un peu comme la muse socratique: quand je sors d’un cours, je suis imprégné de mon sujet, je sais ce que j’ai oublié et qui est important, je distingue le plan détaillé. C’est le bon moment pour jeter mes idées quelque part.

Si j’essaie de trouver des questions la veille de l’examen ou à la fin de l’année, je ne suis plus dans le même état. J’ai le plan général du cours en tête, mais pas la finesse des détails de chaque point. Il me manque la fluidité des enchaînements qui permettraient de poser des questions sur la logique… Du coup, souvent je suis un peu à sec.

La première astuce, c’est donc de prendre en compte la dimension temporelle: la banque de question se constitue et s’étoffe sur la durée 📆

Il vaut mieux donc créer trois questions chaque soir, que 100 à la fin de l’année.

Mais si on est à la veille de l’examen et que l’on vous demande 50 questions pour demain, comment faire ? Voici mes astuces pour les situations d’urgences.

méthode Partir du but

Qu’est-ce que mes étudiants, à la fin, s’ils étaient en poste, devraient SAVOIR FAIRE?

Voilà la question essentielle. Ce qui suppose bien sûr, qu’avec l’équipe pédagogique, ou à partir des référentiels, on ait identifié une série d’objectifs 🎯. C’est en découpant ces objectifs que l’inspiration est souvent pour moi la plus forte:

  • ils doivent savoir LIRE une formule:
    • donc je peux leur faire lire une formule avec une faute
  • ils doivent savoir ÉCRIRE une formule:
    • donc je peux leur faire rédiger une formule à avec un élément à choisir (propositions)
    • donc je peux leur faire rédiger une formule à trou (pas de propositions)
    • donc je peux leur faire rédiger une formule en entier
  • ils doivent ANALYSER une formule:
    • donc je peux descendre dans les parties de la formule
      • Tester s’ils ont MÉMORISÉ les noms des parties ou les définitions des parties
      • S’ils connaissent les définitions des parties
      • S’ils voient les impacts de différents choix pour une partie sur le résultat général de la formule
  • ils doivent COMPRENDRE une formule. Je peux donc vérifier:
    • s’ils DISTINGUENT la différences entre plusieurs formules
    • s’ils DISTINGUENT la différences entre plusieurs résultats
    • s’ils DISTINGUENT entre différentes application (usage) de la formules

Ressources Catégories et verbes

La meilleure ressource que je connaisse est la catégorisation de Bloom avec les verbes d’actions. C’est inépuisable d’inspiration. Il en existe des centaines en ligne, en voici une:

(je conserve la présentation hiérarchique pour ne pas oublier de « décoller des questions sur les connaissances »… vous trouverez la présentation en rose ou en cercle sur wikipedia)

la deuxième astuce, c’est donc d’utiliser des VERBES pour chercher à évaluer de manière diverses ce que les étudiants doivent savoir faire à partir de votre cours

Je peux donc ainsi identifier rapidement si ma banque de questions contient trop de questions « peu utiles » qui font uniquement appel à des connaissances (mémorisation), et dont les étudiants trouveront rapidement la réponse sur internet.

méthode Partir des erreurs

L’autre source inépuisable d’inspiration, ce sont bien sûr les erreurs des étudiants.

Dés que je me pose la question: « dans quel chausse-trape ⛔ les étudiants vont tomber sur ce sujet », j’ai déjà les neurones qui pétillent comme si on plongeait un mentos dans du coca 💥 .

Je peux donc facilement partir de ces erreurs pour construire des questions.

méthode Partir des questions

Il y aussi les questions des étudiants qui sont généralement un rappel des « choses importantes ». C’est donc un excellent filtre pour se souvenir des questions qui seront utiles.

Tous les profs qui ont enseigné plusieurs fois un cours, connaissent à l’avance les questions qui vont surgir de la part des étudiants: comment, pourquoi, où, combien…

Je peux ainsi poser dans mon quiz ces questions:

  • un étudiant est dans telle situation, que lui conseilleriez-vous?
  • un étudiant obtient tel résultat surprenant, où pensez vous qu’un oubli a été commis?
  • une machine de test fait un bruit bizarre (exemple du son) que faut-il faire?

méthode Collectionner les questions

La gestion des questions nécessite donc que l’on se crée son petit herbier🌼 personnel, avec des exemples de questions des différents types que l’on peut relire pour se redonner de l’inspiration.

méthode Collectionner les transformations

Encore mieux, conservez les variantes, les transpositions d’une questions « peu utile » en question utile est essentiel pour réaliser plus facilement cette transformation à volonté.

Dans « Préparer un cours », Alain Rieunier donne un exemple qui reste pour moi fulgurant. Je le paraphrase (sans doute en commettant des erreurs car je n’ai pas l’exemple sous les yeux… que les scientifiques soient indulgents):

Version 1

Où se trouve le plan de l’écliptique?

  • au niveau de l’équateur
  • au niveau des tropiques
  • sur le méridien de Greenwich

Version 2

Si le plan de l’écliptique était perpendiculaire à l’axe de pôle que se passerait-il?

  • il n’y aurait plus de saison et il ferait nuit toute l’année
  • les jours et les nuits seraient de même longueur et ce serait toujours l’été
  • l’hémisphère nord et l’hémisphère sud auraient l’hiver au même moment

Il me semble clair que l’on passe ici d’une formulation d’un type particulier à une autre formulation, radicalement différente♻️. D’une question de savoir, à une question de compréhension.

fin

A quand un album partagé des questions de différents types, par matière ?

En espérant que je ne me fasse pas encore taper sur les doigts pour un poste trop long… 😱🤞

Si vous aimez, pensez à cliquer sur le petit cœur, cela fait toujours plaisir 😉

Référence, biblio

Je mets un lien vers le site qui permet de « feuilleter » les ouvrages. A vous de choisir le fournisseur qui vous semblera le plus éthique ❇️ pour les acheter 😉